Âgé de 12 000 ans, le Saint-Laurent est pourtant le plus jeune fleuve du monde! Au large, il ressemble parfois davantage à la mer tandis qu’au bord, ses paysages rappellent l’histoire de sa naissance et de son évolution. Il prend sa source dans les Grands Lacs, mais les rivières contribuent à sa force. Découvre aussi des curiosités naturelles qui créent la magie du Saint-Laurent.


Il s’en brasse des eaux dans le fleuve Saint-Laurent. Jusqu’à l'île d’Orléans, près de Québec, l’eau est dite « douce », c’est-à-dire qu’elle n’est pas salée. Mais les courants et marées venus des océans ajoutent leur grain de sel! Petit à petit, le fleuve devient la mer. Attirantes et souvent mystérieuses, balayées par vents et tempêtes, les îles du Saint-Laurent invitent au voyage.

Les eaux
Les Îles
Courants et marées
Vents et tempêtes


Les eaux

Le béluga des champs et le coquillage des forêts
Savais-tu qu’un squelette de béluga (une baleine du fleuve Saint-Laurent) a été retrouvé en 2001, parfaitement conservé, dans un champ près de… Montréal! Quelle est la clé de ce mystère? Simple. Il y a très, très longtemps le climat s’est refroidi. Durant cet interminable hiver, la neige puis la glace s’est accumulé au sol. Ainsi, il y a 15 000 ans, une grande partie des États-Unis et du Canada était alors recouverte d’un manteau de glace de 2 km d’épaisseur! Ce glacier écrasait vraiment le continent de tout son poids.

Mais le climat qui commençait enfin à se réchauffer, a entraîné la fonte de cet immense glacier pendant quelques milliers d’années. La glace devenue eau a même augmenté le niveau d’eau des mers de plus de 100 mètres! À cette époque lointaine, la vallée du Saint-Laurent de Montréal à Québec, était noyée sous la mer de Champlain, une étendue d’eau salée immense que fréquentait les baleines. Puis, le continent enfin soulagé de cet énorme poids, s’est lentement redressé.

Peu à peu, sous les chauds rayons du soleil, l’eau s’est évaporé et la mer s’est retiré des champs: la végétation réapparaît alors de même que les animaux. Voilà pourquoi nous retrouvons des ossements de baleines, des fossiles et même des coquillages au beau milieu des champs et parfois en pleine forêt! Ces traces enfouies dans le sol témoignent qu’autrefois la vallée du Saint-Laurent était noyée sous une mer intérieure, dont il ne reste plus que le majestueux fleuve.

Histoire d’un fleuve-poubelle
Il n’y a qu’une vingtaine d’années que le Québec a décidé de rescaper son fleuve qui était devenu un égout à ciel ouvert, un dépotoir municipal, la poubelle des industries, bref une horreur! Longtemps, on y a déversé un volume incroyable d’eaux polluées, de produits chimiques, de métaux lourds et de rejets de source agricole: une soupe toxique de 30 000 produits dangereux pour les gens, la faune et la flore! Pourtant, dans les années 1950, on se baignait encore sur les plages de Montréal et de Québec!

Une tempête dans un verre d’eau?
Malgré les cris d’alarme des écologistes, les gens remplacèrent le fleuve par la piscine plutôt que de s’attaquer à la pollution. Quant aux pauvres poissons, ils n’avaient qu’à s’acheter un aquarium! En effet, certaines espèces ont disparu tandis que d’autres ont survécu malgré la pollution.

Mais savais-tu que le cadavre d’un béluga mort est traité comme un déchet contaminé et toxique? Pourquoi? Parce que cette baleine se nourrit de petits poissons empoisonnés, lesquels ont mangé des plus petits poissons empoisonnés qui, eux, ont mangé des organismes microscopiques en contact avec des polluants qui reposent au fond du fleuve. Bref, tous les polluants accumulés se retrouvent finalement dans le ventre du béluga!

Réchauffement du climat: les bateaux manqueront d’eau
Les effets du réchauffement climatique pourraient aussi modifier profondément le fleuve tel que nous le connaissons maintenant. On s’inquiète, par exemple, de la baisse du niveau de l’eau du fleuve Saint-Laurent observée depuis quelques années. Si la situation ne change pas et que le fleuve continue à se vider comme une baignoire, certains cargos ne pourraient plus flotter en certains endroits du fleuve.

Mais d’autres effets sont encore plus redoutables. Tu en apprendras davantage en naviguant sur le Musée bleu.

Le Saint-Laurent reprend ses vraies couleurs
Plusieurs scientifiques affirment que le Saint-Laurent est beaucoup moins pollué qu’il y a 20 ans, preuve que les efforts de lutte à la pollution n’ont pas été inutiles. Certaines espèces animales et végétales disparues commencent à réapparaître tandis que la qualité de l’eau permettrait à nouveau la baignade même devant Québec, une situation impensable il n’y a pas si longtemps!
Mais beaucoup de défis humains et techniques restent à relever afin que notre fleuve reprenne ses vraies couleurs.