Une station orbitale océanique et un « voilier solaire ...
 
 

Le Saint-Laurent a vu passer bien des gens avant d’être « découvert » par le navigateur français Jacques Cartier. Les Autochtones furent les premiers hommes à le côtoyer, mais d’autres peuples ont aussi devancé la navigation de l’explorateur français Jacques Cartier le long des rives du golfe et du fleuve Saint-Laurent. Certains ont fait du Saint-Laurent leur métier, tandis que d’autres leur pays d’adoption. Le fleuve Saint-Laurent, c’est une longue histoire composée d’anecdotes et de curiosités.


Les Autochtones, originaires d’Asie, ont assisté à la naissance du fleuve Saint-Laurent il y a 10 000 ans tandis que les Vikings furent le premier peuple européen à débarquer en Amérique, sur la côte du Labrador vers l’an 1000. Cinq siècles plus tard, des pêcheurs européens basques chassaient la baleine dans le Saint-Laurent avant la venue de l’explorateur français Jacques Cartier en 1534!

Les Autochtones
Les Vikings
Les Basques
Les Français


Peuple autochtone, Fleuve Saint-Laurent
Les Autochtones

Le Saint-Laurent, le « Chemin qui marche »
Les Algonquiens, une nation de peuples amérindiens qui partageait une langue semblable et qui occupait une grande partie du Québec actuel, nommaient le fleuve Saint-Laurent le « Chemin qui marche ». Joli, non? Et dès que l’hiver gelait les eaux du Saint-Laurent, le fleuve changeait de nom pour devenir le « Chemin qui glisse ». Plus qu’un simple cours d’eau, le fleuve était considéré et utilisé depuis des millénaires comme l’une des plus importantes routes d’Amérique.

Le fleuve Saint-Laurent, principale route de l’Amérique
Les découvreurs français étaient très étonnés par le canot d’écorces utilisé par les Autochtones, car ils n’avaient jamais vu aucune embarcation aussi légère et aussi rapide, conçue pour filer sur les rivières et le fleuve. Samuel de Champlain, le fondateur de Québec en 1608, était convaincu qu’il lui fallait absolument un canot d’écorce s’il voulait aller partout où les Amérindiens allaient. N'oublie pas qu'à cette lointaine époque, les seules routes étaient les rivières, les lacs et, surtout, le fleuve Saint-Laurent. Ainsi, le Saint-Laurent permettait de se rendre partout à travers le Canada en empruntant d’autres rivières et les États-Unis en filant sur le fleuve Mississipi jusqu’en… Louisiane!

Tadoussac, un « centre commercial » depuis des siècles
Bien avant l’arrivée des Blancs vers les années 1500, Tadoussac était un lieu fréquenté par plusieurs peuples amérindiens qui y faisaient des échanges de produits. On pouvait trouver dans ce lieu situé au carrefour des grandes routes commerciales du fleuve Saint-Laurent et du Saguenay, des coquillages cueillis en Floride, des morues séchées en Gaspésie ou des peaux de castors chassés près de la Baie d’Hudson!

Au tout début du siècle suivant, en 1600, Tadoussac devient le premier établissement français d’Amérique. Il ne s’agissait pas d’une colonie de peuplement, mais simplement d’un comptoir de commerce où des peuples européens échangeaient des objets avec les autochtones contre des fourrures revendues à des prix très élevés en Europe. C’est d’ailleurs près de Tadoussac que Champlain a conclu la première alliance militaire avec les Algonquiens durant l’une de ces foires de commerce très courues.

Premier contact des européens avec les Amérindiens
Contrairement à ce que beaucoup de gens ont appris à l’école, le premier contact des européens avec les peuples autochtones s’est fait bien avant la venue de Jacques Cartier dans le golfe du Saint-Laurent en 1534. En fait, il est même possible que Cartier savait que le territoire inconnu qu’il explorait alors était peuplé d’autochtones. En effet, plusieurs années avant sa venue dans le Saint-Laurent, des pêcheurs bretons, anglais et basques pêchaient la baleine et la morue durant l’été près de Terre-Neuve et dans le golfe. Et ces hommes racontaient bien des histoires à leur retour en Europe...

De plus, des pêcheurs de baleines basques venus d’Espagne s’établissaient pendant l’été sur une petite île du Bas-Saint-Laurent. Ces pêcheurs entretenaient des relations très amicales avec les Amérindiens et faisaient à l’occasion un peu de commerce et d’échanges. D’ailleurs, la petite île aux Basques est située au large de Tadoussac qui était alors un lieu de commerce populaire auprès de plusieurs nations amérindiennes. Les découvreurs et les colons français ont profité du bon contact des Basques avec les Amérindiens afin de s’en faire des alliés plutôt que des ennemis.

Un remède amérindien inconnu des Français
Coincé par l’hiver tôt et rigoureux à son deuxième voyage en 1535, Jacques Cartier et son équipage de 110 hommes doivent hiverner à Québec. Privés de fruits et de légumes frais, les hommes deviennent très malades : ils ont le scorbut c’est-à-dire qu’ils manquent de vitamine C. Vers la fin de l’hiver, 25 hommes en sont morts tandis que presque tous les autres sont très faibles et près de mourrir aussi. Heureusement, des Amérindiens qui résident à proximité et avec lesquels Cartier est un peu « en chicane » vont, malgré tout, sauver tout l’équipage, car ils connaissent un excellent remède. Il s’agit d’une tisane à base de cèdre blanc.

Quelques années plus tard lorsque Cartier construit un fort près de Québec, il a choisi un lieu où abondait le cèdre blanc: l’explorateur avait eu sa leçon!

Le fleuve Saint-Laurent, plus qu’une route
Les peuples amérindiens de la nation algonquienne voyageaient au gré des saisons dans la vallée du Saint-Laurent et l’arrière-pays du Nord. En été, plusieurs groupes d’autochtones campaient près du fleuve à l’embouchure d’une rivière à saumons. Comme ils fréquentaient le territoire depuis plusieurs milliers d’années, ils avaient développé des techniques de chasse et de pêche bien adaptée à l’environnement. Nous avons appris de ces peuples la pêche sur la glace (pêche blanche), la pêche à fascines permettant de capturer des anguilles et le fumage du poisson, une technique de conservation alimentaire toujours très utilisée de nos jours.