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 Le Saint-Laurent a vu passer bien des gens avant d’être « découvert
» par le navigateur français Jacques Cartier. Les Autochtones furent
les premiers hommes à le côtoyer, mais d’autres peuples
ont aussi devancé la navigation de l’explorateur
français Jacques Cartier le long des rives du golfe et du fleuve Saint-Laurent.
Certains ont fait du Saint-Laurent leur métier,
tandis que d’autres leur pays d’adoption. Le fleuve Saint-Laurent,
c’est une longue histoire composée d’anecdotes et de curiosités.
 Les Autochtones, originaires d’Asie, ont assisté à la naissance
du fleuve Saint-Laurent il y a 10 000 ans tandis que les Vikings furent le premier
peuple européen à débarquer en Amérique, sur la côte
du Labrador vers l’an 1000. Cinq siècles plus tard, des pêcheurs
européens basques chassaient la baleine dans le Saint-Laurent avant la
venue de l’explorateur français Jacques Cartier en 1534!
Les Basques
La chasse à la baleine : une « grosse
» aventure!
Originaires d’Espagne, les pêcheurs basques étaient
de redoutables marins qui chassaient la baleine dans le golfe et le
fleuve Saint-Laurent, notamment au large de Tadoussac, bien avant
la venue de l’explorateur français Jacques Cartier. Tous
les étés, ils établissaient un campement temporaire
et travaillaient très fort dans des conditions dangereuses,
car chasser la baleine comportait bien des risques.
La baleine, le pétrole d’autrefois
Mais le jeu en valait la chandelle puisque la vente en Europe des
produits extraits de la baleine rapportait beaucoup, beaucoup d’argent.
Ainsi, avant la découverte et l’utilisation du pétrole
il y a un siècle, on utilisait des graisses animales pour alimenter
les lampes et lubrifier les pièces mécaniques. De plus,
l’huile de baleine, extraite en chauffant son épaisse
couche de graisse, entrait dans la fabrication de savons, cosmétiques,
parfums, cires, peintures, vernis, bougies et de bien d’autres
produits domestiques.
Mais la baleine noire recelait aussi un matériau flexible et
résistant: les fanons, une sorte de lame osseuse. Ces fanons
lui permettent de filtrer les éléments nutritifs contenus
dans l’eau que cette baleine engouffre en volumineuse gorgée.
Ce matériau, semblable au plastique, servait entre autres à
fabriquer des cerceaux, des ressorts, des brosses, des corsets et
des parapluies! D’ailleurs, savais-tu qu’on appelle «
baleine » chacune des tiges métalliques qui supporte
la toile du parapluie?
Les pêcheurs basques, comme la plupart des autres pêcheurs
de baleines, préféraient la baleine noire (appelée
également baleine franche), alors très abondante dans
le fleuve Saint-Laurent. Proie préférée des chasseurs,
elle était chassée pour son épaisse couche de
graisse. Mais le principal avantage était que son cadavre flottait
mieux que les autres… parce qu’il était plus gras!
De sorte qu’il était plus aisé de remorquer ce
« poids lourd » vers le rivage après l’avoir
harponné et saigné au large.
Des fouilles archéologiques ont permis de mettre à jour
des vestiges de cette lointaine époque et de reconstituer la
vie de tous les jours menée par ces pêcheurs intrépides
sur les rives du Saint-Laurent et à l’île aux Basques,
une petite île située au large de Tadoussac et de l’embouchure
du Saguenay.
Dans son exploration du fleuve Saint-Laurent, Jacques Cartier profita
des connaissances du territoire et des bonnes relations nouées
par les Basques avec les autochtones Micmacs, peuple de la nation
algonquienne, la plus populeuse au Québec. Le Québec
compte aujourd’hui des descendants de ces braves pêcheurs
qui contribuèrent à la conquête de ces terres
inconnues traversées alors par une seule et splendide route:
le fleuve Saint-Laurent.
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