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 Le Saint-Laurent a vu passer bien des gens avant d’être « découvert
» par le navigateur français Jacques Cartier. Les Autochtones furent
les premiers hommes à le côtoyer, mais d’autres peuples
ont aussi devancé la navigation de l’explorateur
français Jacques Cartier le long des rives du golfe et du fleuve Saint-Laurent.
Certains ont fait du Saint-Laurent leur métier,
tandis que d’autres leur pays d’adoption. Le fleuve Saint-Laurent,
c’est une longue histoire composée d’anecdotes et de curiosités.
 Les Autochtones, originaires d’Asie, ont assisté à la naissance
du fleuve Saint-Laurent il y a 10 000 ans tandis que les Vikings furent le premier
peuple européen à débarquer en Amérique, sur la côte
du Labrador vers l’an 1000. Cinq siècles plus tard, des pêcheurs
européens basques chassaient la baleine dans le Saint-Laurent avant la
venue de l’explorateur français Jacques Cartier en 1534!
Les Vikings
Une colonie de Vikings sur les bords du Saint-Laurent
Quelques familles de Vikings ont fondé une colonie au Labrador
il y a 1000 ans et aurait peut-être même exploré
les rives du fleuve Saint-Laurent! Ils ont cultivé des céréales
et ont vécu de la chasse et de la pêche pendant quelques
années. Mais ils furent sans doute chassés par l’hostilité
des Amérindiens qui vivaient à Terre-Neuve. L’aventure
des Vikings en Amérique ne dura pas longtemps, mais les traces
de leur passage sont toujours visibles à l’Anse-aux-Meadows,
devenue aujourd’hui un parc national.
L’exil du Viking Érik le Rouge,
premier pas vers l’Amérique
Il y a environ 1 000 ans, le navigateur viking Érik le Rouge
est reconnu coupable de meurtre, il est banni de Norvège et
condamné à l’exil. Il débarque finalement
au Groenland, un territoire alors inconnu et il y fonde un petit village.
L’un de ses frères, Bjarni, part le rejoindre, mais fait
fausse route et débarque à Terre-Neuve. Il se rend compte
de son erreur et repart aussitôt vers le Groenland.
Nouveau départ vers Terre-Neuve
Attiré par l’aventure et la curiosité, Leif Ericksson,
le fils de Érik le Rouge, met les voiles vers cette terre découverte
par son oncle Bjarni 15 ans plus tôt. Il longe sans doute l’île
de Baffin puis le Labrador qu’il nomme le « Markland »,
c’est-à-dire le « pays des bois ».
Mais c’est le « Vinland » (« pays du
vin ») qui remporte sa faveur, car cette terre est couverte
de vignes sauvages, de champs et de forêts. De précieuses
ressources inexistantes au Groenland! Le récit de cette découverte
fait grand bruit lorsqu’il retourne parmi les siens. C’est
ainsi que quelques années plus tard, plus de 150 Groenlandais,
dont des femmes et des enfants, partent s’établir au « Vinland ».
Ils emportent des semences, du bétail et des objets domestiques.
Puis, d’autres familles venues d’Islande, une île voisine du Groenland, viennent se joindre
à la jeune colonie. Malheureusement, des querelles et des conflits
entre ces deux peuples du nord compromettent la paix. Mais c’est surtout l’hostilité des Amérindiens de Terre-Neuve
qui aurait forcé ces Vikings à abandonner leur petit village pour
retourner dans leur pays natal.
Toutefois, des objets vikings datant des années 1 100 et 1 200
ont été retrouvés par des archéologues
sur des sites amérindiens et inuits. Ces objets auraient été
échangés par les Vikings pour des produits fournis par
les peuples autochtones. La découverte de ces objets démontre
donc que les Vikings ont fréquenté l’Amérique
et ont fait du commerce bien avant l’arrivée de Jacques Cartier.
Amoureux de la mer et redoutables navigateurs, les Vikings venaient
probablement au Labrador et à Terre-Neuve afin d’abattre
les arbres nécessaires à la construction de leurs fameux
bateaux, les drakkars. D'ailleurs, savais-tu que lorsqu’un chef viking mourrait,
son drakkar lui servait de cercueil qu’on sabordait afin qu’il
repose au fond de la mer?
Un récit transmis par la parole de génération
en génération
Pendant des siècles, le récit de cette aventure dans
le « pays du vin », c’est-à-dire au Labrador,
s’est transmis par la parole de génération en
génération. Mais 300 ans plus tard, cette histoire a
été transcrite sur papier. Il s’agit d’une
« saga », c’est-à-dire d’une longue
histoire qui mêle faits vécus et légendes des
peuples du nord, les Vikings. C’est en étudiant cette
saga, parsemée de nombreuses indications géographiques
et de descriptions de paysages, que des archéologues ont découvert
en 1960, soit environ 1 000 ans plus tard, le site de la toute première colonie en Amérique.
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